Pourquoi le bois travaille-t-il ?
Pourquoi le bois travaille-t-il ?
Le bois est un matériau vivant dans le sens où, même après avoir été transformé et séché, il continue à réagir à son environnement. C’est ce que l’on appelle communément le « travail du bois ».
Cette réaction est principalement liée à l’humidité de l’air. Le bois est une matière hygroscopique : il absorbe naturellement de l’humidité lorsque l’air est humide et en restitue lorsqu’il devient plus sec.
Lorsque son taux d’humidité évolue, ses dimensions changent. Le bois se rétracte en séchant et gonfle lorsqu’il reprend de l’humidité. Ces variations sont faibles dans le sens de la longueur, mais beaucoup plus importantes dans les directions perpendiculaires au fil.
C’est notamment pour cette raison qu’une planche peut se déformer, qu’un panneau peut se cintrer ou qu’un assemblage peut subir des contraintes si le mouvement naturel du bois n’a pas été pris en compte.
Le rôle de l’ébéniste
Le travail du bois n’est donc pas quelque chose que l’on cherche simplement à empêcher. Il faut surtout le comprendre et l’anticiper.
Le choix du débit, le sens du fil, le séchage, les dimensions des pièces, les assemblages et la manière dont les différentes parties du meuble sont liées entre elles doivent être pensés en conséquence.
Un meuble bien conçu ne cherche pas à bloquer complètement le bois. Il lui laisse suffisamment de liberté pour que ses variations naturelles puissent se produire sans compromettre la solidité ni la géométrie du meuble.
C’est une des raisons pour lesquelles la connaissance du matériau est aussi importante que la précision de fabrication
. Pourquoi les meubles anciens peuvent-ils encore être droits ?
On pourrait penser qu’un meuble ancien aurait nécessairement dû se déformer avec le temps. Pourtant, certains sont encore parfaitement fonctionnels après plusieurs générations.
Ce n’est pas parce que le bois ne travaille plus, mais parce que leur conception et leurs assemblages ont été pensés en tenant compte de ce phénomène.
Les techniques traditionnelles de menuiserie et d’ébénisterie sont justement en grande partie le résultat de cette compréhension empirique du matériau.
Aujourd’hui, nous disposons de connaissances et de moyens supplémentaires, mais le principe reste le même : pour travailler le bois correctement, il faut d’abord accepter qu’il bouge.